C.M.N.S

CLUB MODELISTES NAVAL  SENLISIEN 

Charcot

 

 

Sur cette page, vous pouvez voir et lire l'histoire du "Pourquoi pas ! " et du commandant Charcot  ainsi que  la biographie de François Gauthier le constructeur du navire .

 

CHARCOT UN HUMANISTE MODERNE

 

Faire du modélisme correspond à une démarche de rêve, une fabrique à remonter le temps, une recherche historique, scientifique, créative,  facteur de découvertes, de rencontres, de partage et de modernité et donc d humanité. De quoi comprendre un peu d’où nous venons et  de profiter de la barque sur laquelle nous naviguons.

L’idée de travailler autour du Commandant Charcot et de son (ses ?) Pourquoi pas devenait alors évidente  d’autant qu’au détour d’une fort jolie ballade dans les rue de St Malo la tour Bidoine révélait cet été 2008  une exposition magnifique sur le sujet organisée par la bibliotheque municipale et en particulier par l’archiviste M Jean. Ne restait plus qu’a convaincre et a participer à notre mesure au centenaire du lancement de ce bateau exceptionnel armé par un homme tout aussi exceptionnel. Notre projet du plaire, être solide et pragmatique mais aussi plein d’une bonne dose de rêve puisque nous eûmes le bonheur d’être soutenus par deux acteurs incontournables et merveilleux que sont Mme Anne Marie VALLIN CHARCOT (petite fille du commandant) et Alain Marie GAUTIER (arrière petit fils de l’architecte naval François Gautier, constructeur du Pourquoi pas.

Nous devons à Mme Vallin Charcot le prêt de nombreuses photos de son aieul et à M Gautier un ensemble de maquettes, de plans, et de la table à dessin des chantiers Gautier de St Malo lors de la construction ; des pièces toutes plus belles les unes que les autres !  sans parler des commentaires, anecdotes, et relations amicales entre Charcot et Gautier dont Alain Marie nous a gratifier au cours de deux conférences.

Voici des photos, un peu d histoire et nous l’espérons un moment de plaisir à lire les pages de notre  site. 

 

 

 

 

 

  

REPERES CHRONOLOGIQUES

1867 Naissance de Jean Baptiste Charcot à Neuilly, rue St james

1876 – 1887 Etudes à « l’école alsacienne » de Paris

1888 début des études de médecines

1892 il achète le petit cotre « Daisy » qu’il rebaptise le « courlis »

1893 Il le remplace par un côtre de 20 tonneaux. Il l’appelle « Pourquoi pas ? »
Son père le professeur Jean Martin Charcot meurt. Jeab Baptiste devient externe puis interne à la Salpetrière et à St Antoine

1895 Charcot soutient sa thèse de doctorat : « l’atrophie musculaire progressive »

1896 il épouse Jeanne Hugo, petite fille du poete

1897 Il achète son 2eme « Pourquoi Pas ? »

1900 autour de l’Irlande avec le « Pourquoi Pas »

1901 Charcot entreprend des recherches nautiques, météorologiques, microbiologiques vers les iles Shetland, les Hébrides, les Féroé

1902 Il vend son Pourquoi Pas ? et acquiert une goélette en fer, à machine, de 214 tonneaux qu’il baptise « Rose Marie ». Croisière avec sa femme à l’ile Jan Mayen. Le gouvernement lui confie la mission d’étudier les pêcheries des baleiniers féringueurs. Il découvre l’Islande

1903 Lancement du « Français », à St Malo (chantiers Gautier)

1903-1905 Première expédition Antarctique Française à bord du Français. Suite à une avarie le Français (qui fut lancé maté) est vendu en Argentine.

1907 il épouse Marguerite Cléry (« Meg ») artiste peintre

1908 lancement du Pourquoi Pas ? à St Malo (Chantier Gautier)

1908 1909 deuxième expédition Antarctique à bord du Pourquoi Pas ?

1911 Courte campagne océanographique en Manche

1912 mission en atlantique et dans les régions arctiques

1913-1914 Mission dans le golfe de Gascogne et l’Arctique

1914 juillet Charcot est mobilisé comme médecin de marine dans les hopitaux de l’arsenal de Cherbourg

1914 Octobre Le Pourquoi Pas ? devient navire école

1915 Avec le brevet de Capitaine au long Cours, Charcot se voit confier par l’amirauté britannique, un baleinier piège qu’il nomme « Meg » ; Il patrouille de l’Ecosse aux Shetland, à la recherche de sous marins allemands. Il est lieutenant de vaisseau auxiliaire

1916-1918 Mission entre St Malo, Ouessant et le Cornwall. Le Pourquoi Pas ? est prété par le Museum à l’école des chefs de quart de Lorient.

1919 Charcot « Enseigne de réserve »

1920 Charcot devient Capitaine de corvette. Chaque année jusqu’en 1925 en Juillet, le Pourquoi Pas ? quitte St Malo, son port d attache. Charcot l’entraîne vers la Manche, la Méditerranée, et le Nord

1921 Charcot débarque sur l’îlot de Rockall

1922 Mission aux iles Féroé et dans l’Atlantique boréal

1923 Il devient Capitaine de Frégate. Voyage en Méditerranée orientale et golfe de Gabes

1924 Mission en Manche et en mer d’Irlande

1925 Mission à Jan Mayen. Vers le Groenland (Scoresby Sund)

1926 Mission à la terre de Jameson

1927 Recherche vers la banquise, du Latham47 et d’Admunsen

1929 Mission de sondage au son dans le Scoresby Sund et en Islande

1930 Croisière en Baltique

1931 Le Pourquoi Pas ? prépare à Rosenvinge ‘Scoresby sund) le séjour de la mission polaire

1932 Charcot l’installe à Rosenvinge

1933 Il visite la cote de Blossevile

1934 Il ramène a Angmagssalik la mission Paul Emile Victor qui va hiverner au Groenland

1935 Il repart vers la cote de Blosseville et rapatrie la mission Victor

1936 Charcot au Groenland pour rechercher la Mission Victor

15 Juillet Charcot communie à l’Eglise St Servan

16 Juillet Il appareille de St Malo pour l’Islande

16 Septembre A 5h30 le Pourquoi Pas ? sombre corps et bien sur les récifs du Börgardfjord, à 20 milles au nord de Reykjavik

 

 

 

 

 

LE NAUFRAGE DU POURQUOI PAS ?

       

(Article de la Revue L’Illustration du 26 Septembre 1936)

 

Le naufrage du Pourquoi Pas ? n’a eu qu’un seul témoin, qui a vécu la catastrophe et y a survécu : le Maître Timonier Eugène Le Gonidec. Ce témoin unique, notre collaborateur Hector Ghilini a réussi à l’atteindre par téléphone dès son arrivée à Reykjavik au domicile du consul de France, M Zarzecki qui hébergea le rescapé avec la plus grande sollicitude. Nous avons demandé à notre confrère de retracer pour nos lecteurs le récit des circonstances du naufrage tel qu’il lui fut conté par l’unique survivant de la tragédie.

 

« C’était le 15 Septembre, à 13 heures. Il faisait beau. La mer était calme. Le ciel était clair. Le pourquoi Pas ? levait l’ancre dans la baie de Reykjavick et nous étions heureux de rentrer en France… »

C’est par ces mots qu’Eugène Le Gonidec commença son récit. Sa voix était nette, quoiqu’un peu mince. Par moment on la sentait rétrécie par l’émotion. Mais pas une seule fois il n’hésita dans ses réponses ; pas une seule fois il chercha à se souvenir. La scène entière était encore toute entière devant ses yeux. Il la revivait au fur et à mesure de mes questions.

Donc, voici le navire de Charcot en pleine mer, il navigue vers l’Est pour sortir de l’immense golfe au fond duquel est Reykjavik ; Tout va bien à bord, lorsque vers 16 heures le vent se met à fraîchir et le temps commence à se boucher. En même temps le baromètre « tombe à pic ». C’est le signe qui ne trompe aucun marin ; après une courte délibération avec le Dr Charcot, le commandant Le Conniat ordonne de virer de bord et  mettre le cap sur Reykjavik, qu’on espère atteindre avant qu’éclate l’ouragan.

On n’a aucune peur. Le Pourquoi Pas ? en a certes vu d’autres. Mais il est inutile de jouer sans raison avec la tempête. Et il est sage de se mettre à l’abri. D’autant que le grain qui arrive se révèle aussitôt d’une violence inouïe.

D’heure en heure le vent s’accroît et la mer se démonte davantage. « Il faisait très, très mauvais temps » me disait Le Gonidec. On sait ce que cela veut dire dans la bouche d’un marin.

La nuit vient. La mer est maintenant en furie. Les vagues bousculent et écrasent le navire qu’elles balaient sans arrêt . le vent souffle en force. Mais nul à bord n’a de crainte. On aperçoit, à 14 milles dans l’est, le feu de l’entrée de la baie de Reykjavik : encore une heure et demie ou deux d’efforts et on sera à l’abri..

D’ailleurs le « Pourquoi Pas ? » n’est pas seul dans cette affreuse tempête : vers 2 heures du matin n’a t’il pas failli heurter un chalutier, luttant lui aussi de toutes ses forces pour fuir le danger ? Mais on n’avance guère vers le but. Il est quatre heures. On devrait être depuis longtemps au mouillage. On en est loin. La « dérive » est telle que la machine du navire ne peut lutter contre elle. Le « Pourquoi Pas ? » navigue avec peine et n’arrive pas à rallier le port. La tempête le pousse irrésistiblement vers le nord-est et Reykjavik est dejà loin derrière  à tribord.

C’est à quatre heures trente que le drame se précise. Un coup de vent plus violent que les autres abat la flèche d’artimon, brisant l’antenne de TSF. Le navire est désormais séparé du monde. Un jour blafard s’annonce. Les marins devinent plus qu’ils n’aperçoivent, dans l’est, la ligne de côte. Le danger, ils le sentent maintenant rôder autour d’eux. La mer n’est faite que de vertigineuses montagnes d’écume. Quelle effroyable tempête !…

Soudain un choc terrible ébranle le navire qui frémit tout entier. On vient de talonner sur les brisants. Le Pourquoi pas ? ne s’est pas ouvert ; il n’a pas de voie d’eau. Mais sa chaudière a non éclaté comme on l’a dit inexactement rapporté, mais « fusé ». la chaudière est inutilisable et, désormais, le navire ne peut même plus lui opposer sa force à celle du courant irrésisitible. Maintenant le Pourquoi pas ? n’est plus qu’une épave, jouet des flots en furie.

Il faut se tenir prêt à tout. Le commandant Le Conniat ordonne que chacun revête sa ceinture de sauvetage et qu’on prépare à lancer les canots de sauvetage à la mer. Les canots ? Que pourront ils bien faire dans cet enfer bouillonnant et déchaîné ?

Dans ces moments suprêmes tout l’équipage est magnifique de cran et de sang froid. « Pas un cri, pas un mot, m’a dit Le Gonodec. On entendait que la voix du commandant hurlant ses ordres dans le porte voix. Et nous obéissions comme au port… ». Quant aux chefs, ils étaient dignes de cet équipage. C’est encore Le Gonidec qui parle :

« Sur la passerelle, il y avait trois hommes debout, calmes, me dit il. On aurait dit qu’ils méprisaient le danger : le Dr Charcot, le commandant Le Conniat et le maître principal pilote Floury. Ils étaient tranquilles à leur poste…. ». Et  comme Le Gonidec était près de la passerelle ; il entendit le Dr Charcot s’écrier : « Oh mes pauvres enfants !.. » Ainsi, devat la mort, c’est à son équipage qu’il songeait !

Mais la fin va se précipiter

A 5 H45, le « Pourquoi Pas ? » s’échoua définitivement après avoir talonné plusieurs fois. Il se trouvait à ce moment très au nord de Reykjavik (à 150 kms, dit Le Gonidec) à environ 2 miles ½ de la côte : et de cette côte qui représentait le salut, les marins du Pourquoi Pas ? étaient séparés par la mer en furie, déchiquetée par les brisants. Cinq minutes après s’être échoué, le navire donnait de la bande et s’enfonçait par l’arrière. Il fallait quitter le navire sous peine d’être englouti avec lui. Un cri, un ordre, le dernier, traverse le vent : « Sauve qui peut !.. »

C’est le commandant Le Conniat qui vient de le lancer.

Déjà des canots ont été projeté en l’air comme des bouchons par les vagues qui les ont fait éclater. Dejà Le Gonidec voit nager plusieurs de ses camarades vers la côte qu’ils n’atteindront pas. Et c’est ce qui l’étonne :

« Je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai été le seul à survivre. Je n’étais pas parti un des premiers… et je pensais que plusieurs de mes camarades avaient pu se sauver comme moi » Oui, mais il dut, pour cela, nager plus de trois heures durant après avoir vu son canot couler, ainsi qu’un doris à bord duquel il avait pu se hisser. Un camarade près de lui, se noya sans qu’il ait pu tenter aucun geste pour le sauver. Il vit, une dernière fois le Dr Charcot. Ce fut du sommet d’une vague monstrueuse qu’il aperçut, tout près de lui encore, le « Pourquoi Pas ? », sur la dunette, le Dr Charcot, le commandant Le Conniat et le maître principal Floury n’avaient pas bougé de place. Aucun n’avait de ceinture de sauvetage, et le Dr Charcot avait gardé ses bottes. De toute évidence ils avaient décidé de na pas quitter leur bateau et de couler avec lui – en marins.

Vers 9 heures transi de froid, a demi mort de fatigue, presqu’inconscient, Le Gonidec fut retiré de l’eau par des bras vigoureux d’un pêcheur de Stranlfjord. Et deux heures plus tard, exténué et desespéré, il pouvait encore apercevoir, malgré ses yeux brulés de sel, émergeant de la mer écumante, la pointe du grand mât du « Pourquoi Pas ? » comme un dernier adieu. Sur place, des chalutiers islandais patrouillaient , mais en vain. Il était trop tard…

Ainsi périrent en mer le « Pourquoi Pas ? », navire légendaire des océans glaciaux, et son équipage d’héroïques marins.

 

 

 

Charcot et son équipage furent ramenés à St Malo le 10 Octobre et accueillis par le ministre de la Marine.

Le 12 Octobre c’est dans la cathédrale Notre Dame de Paris ‘en présence du chef de l état que la nation rendit hommage au cours de funérailles nationales à ce brillant scientifique et humaniste. Charcot est enterré au cimetière Montmartre à Paris.

 

Au cours de l’exposition que nous avons réalisé à Senlis avec le concours des archives de St Malo que nous remercions une nouvelle fois ici nous avons eu pu constater à quel point ce que cette aventure humaine avait d’exemplaire et suscitait encore autant de curiosité et d’émotion. Le département de l’Oise a lui aussi été présent au cours de ces périples et a donné sa quote part dans le drame de 1936.

Au cours de la guerre le Pourquoi Pas ? navire blanc par excellence fut en effet repeint en noir et commandé par un clermontois le capitaine Poilvert

Parmi les marins disparus figurait le quartier maître cuisinier  Aristide Simon qui repose au cimetière de Pont Ste Maxence.

 

 

 

 

Les chantiers GAUTIER à SAINT MALO

le «Père GAUTIER » 

Architecte Naval - Constructeur

FRANÇOIS-MATHURIN GAUTIER
né à Dahouet ( Côtes-du-Nord devenu Côtes d’Armor) le 17 juin 1832 fils et 6ème d’une famille de 12 enfants issus du mariage de Félix - Julien - Jacques GAUTIER

Maître Charpentier - Menuisier   ( Chevalier de la Légion d’Honneur )et de Françoise - Louise NABUCET née à Saint-Alban ( 22 )

Dans sa petite enfance, il fréquente l’Ecole de Dahouet et celle de Pléneuf  et dès l’âge de 10 ans , il partage son temps entre l’atelier de son père où il s’initie au travail du bois ,  à la construction de barques et à la vie des Marins .

Son père l’engagea comme mousse à bord d’un caboteur « l’Industrie » qui faisait la navette entre les ports bretons et les ports anglais pour les échanges commerciaux ... « Les voyages forment la jeunesse » dit-on . Pour François ce proverbe s’avéra particulièrement vrai, car sa vie fut une extraordinaire réussite.

A 17 ans , il opte pour la navigation , s’engage dans la Marine de l’Etat et navigue sur plusieurs navires dont la frégate Sarcelle, pendant la campagne de Crimée à  laquelle il participa en tant que « Bosco » maître d’équipage en 1854-55 .

Les Officiers de ce navire  remarquent sa grande intelligence, son sens aigu des responsabilités, sa conscience professionnelle très élevée et comme il manquait d’instruction véritable de base , il en acquiert à bord et reçoit un enseignement particulièrement orienté sur la géométrie, l’arithmétique, le dessin, branche dans laquelle il excellait déjà, tout petit ......

.A son retour en France , il a  une croix , genre valeur militaire de l’époque et de nombreuses autres médailles de sauvetage (24 argent et bronze ; il  nageait comme un poisson ! ) ...    Il est , à 23 ans,  un excellent maître charpentier-menuisier comme son père ...

Il entre en 1855,  au service de Monsieur GAILLARD -- Entrepreneur général de Bâtiment , installé à Dinard Saint Enogat  -- comme contremaître et quelques années plus tard, il en épouse la fille Joséphine dont il aura 12 enfants ... En 1868 à la mort de son beau-père, il prend la direction du chantier ....

Le Démon de la mer et son amour des navires, les circonstances de la vie, la proximité de la ville de Saint-malo, les relations qu’il sait se faire dans la région , et poussé par le désir de changer de Cap, si l’on peut s’exprimer ainsi --tous ces atouts vont jouer pour François Gautier qui apprend par hasard  que Monsieur DANDIN, constructeur de Navires à Saint-Malo ( 5 cales et au port St.Père à St.Servan 2 cales ) cherche pour la direction technique de ses chantiers ,  un collaborateur jeune et expérimenté ....

François GAUTIER  se présente à Monsieur DANDIN qui se l’attache immédiatement ; il devient rapidement le bras droit de son patron et  ayant poursuivi ses études, il devient,  avec ses connaissances en matière de constructions navales, Architecte Naval des Chantiers Navals DANDIN -- il a 34 ans .....

Monsieur Dandin s’étant retiré de l’exploitation ( en 1870)   François GAUTIER va en assurer la conduite pour son propre compte sur les cales de Moka ( Avenue Louis Martin ) et jusqu’en 1892 à la cadence de 6 à 7 navires par an ....

Les Chantiers de Constructions Navales de Saint-Malo, dirigés par François GAUTIER construisirent plus de 140 beaux navires--goélettes pour St.Pierre et Miquelon et Paimpol --Trois-mats Longs-courriers et de Grande-Pêche--les superbes bateaux des Oeuvres de mer  « le St.Pierre et   le St.Paul » -- les bateaux à roues latérales à aubes que des anciens malouins ont bien connus pour aller à Dinard ou en excursion ;     j’ai cité : les Vapeurs  « St.Malo et Duguay Trouin », communément appelés « les patrouillards »...

Six à sept lancements annuels --60 à 80 ouvriers : charpentiers de marine, perceurs, chevilleurs, traceurs, scieurs de long, manœuvres, mâturiers, menuisiers , sans beaucoup de moyens mécaniques, comme à l’heure actuelle , s’affairaient avec à la fois 7 navires  en construction de 33 à 52 mètres – j’allais oublier les équipes de calfats qui venaient, comme l’on disait de l’autre côté de l’eau , de « La Richardais-- Pleurtuit—Plouer » passant la Rance par n’importe quel temps, pour venir travailler et gagner leur pain quotidien ....

La guerre de 1870 / 71 - vient handicaper l’essor des chantiers... François Gautier déjà chargé de famille n’est pas mobilisé -  et fait de toute façon,  partie de la réserve -  il reste avec quelques ouvriers et tient le coup dans cette période difficile. C’était la phrase qu’il m’a souvent répétée  « l’herbe a poussé plus vite sur les chantiers que les coques des navires » ....

Comme après toutes les périodes d’après guerre quelques trente cinq années fastes , ou la pêche à Terre Neuve et en Islande  donne à fond , permettent  aux chantiers Gautier  de donner jusqu’en 1907 toute la mesure du grand savoir du constructeur et de ses ouvriers ....

En 1892 , Gustave –l’un des fils de François , né en 1867 et marié depuis peu ( il a donc 25 ans ) et qui collaborait avec son père depuis ses 18 ans -poussé par sa femme  très indépendante ,  déci-de de fonder sur le terrain restant à côté,  son propre chantier ...

Sur 4 cales , pour navires de 40 m , il va construire jusqu’en 1914 soit pendant 22 ans , à raison de 3 navires par an avec une trentaine d’ouvriers , 60 à 70 très beaux navires,  construits suivant la tradition et dans le style Gautier comme on se plaisait à le dire à l’époque puisqu’il avait appris son métier avec un orfèvre en la matière , son père ...

Je citerai quelques noms qui me viennent à l’esprit ; Les 3 mats Goélette Raymond--Marie-Pauline--Chateaubriand-- St.Briac-- Oui-Oui---  les Bricks Margared-- Lamotte-Picquet    etc ........

En 1892  également , François GAUTIER s’associa avec son fournisseur de bois Monsieur Buron et cette collaboration ne dura que quelques années jusqu’en 1900 ...(construction des Oeuvres de mer )

A cette époque le « Père GAUTIER »  comme  aimaient à l’appeler ses ouvriers , âgé de 68 ans , s’adjoint la collaboration de deux autres fils Joseph, né en 1874 donc âgé de 26 ans et Edmond, né en 1876 donc âgé de 24 ans ....

Ces derniers , qui depuis leur plus tendre enfance avaient été, comme leur frère Gustave, élevés dans l’amour des navires et de la navigation et ayant ce qu’on est en droit d’appeler le « feu sacré » pour leur métier appris sur le tas,  s’associent et fondent en 1905 : « La Société des Chantiers de Constructions Navales Edmond et Joseph Gautier frères »
 

L’un , Edmond,  s’occupait essentiellement des achats et des comptes, l’autre,  Joseph,  des plans et des  études  avec comme collaborateur technique leur père. A l’heure actuelle, il eut porté le titre de P.D.G……..mais un P.D.G. doublé d’un technicien

Entre temps, ce fut en 1902 que le Docteur CHARCOT,  pour sa première expédition au pôle Sud, fit construire sur nos chantiers, le trois-mats goélette à double hunier « Le Français »....

Très joli navire mixte ,  possédant de ce fait une machine à vapeur, il fut lancé avec chaudière sous pression , machine et mâture en place, sans les vergues, le 27 juin 1903......

Une foule impressionnante , avide de beaux spectacles, sous un soleil radieux, assistait au lancement .

De 1903 à 1907 plusieurs beaux voiliers occupèrent les cales des chantiers avant la construction du fameux « Pourquoi-Pas? » ...

Mis en chantier en 1907 , le lancement du « Pourquoi-Pas? » a eu lieu le 18 Mai 1908 ...      (je consacrerai un article à ce sujet )

Entre les années 1908 et la déclaration de la guerre de 1914 / 18, il s’est écoulé six années , pendant lesquelles plusieurs très beaux navires  ont été lancés....François Gautier qui avait 76 ans  a continué à collaborer jusqu’à l’âge de 84 ans -

Il dessinait encore quelques jours avant sa mort,  qui eut lieu le samedi 29 Juin 1918.....Il venait d’avoir 86 ans..

                        .René Gautier

 

 

Alain Marie Gautier (arrière petit fils de François Gautier )  à travaillé à la réalisation d’une histoire de François Gautier et de ses chantiers, des bateaux réalisés et de bien d’autres choses encore, le tout sur un dvd !
 
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